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Harmoniser les cadres d'évaluation de vulnérabilité



En vue de disposer d'un système d'information fiable et harmonisé sur la vulnérabilité au niveau régional, répondant aux besoins des différents acteurs, le CILSS et les partenaires au développement ont engagé depuis 1999 une réflexion pour mettre en place un cadre harmonisé d'analyse et d'identification des populations vulnérables au Sahel. Pour être opérationnel et au regard des expériences des SAP nationaux, les futurs dispositifs d'information sur les zones à risque et les populations vulnérables doivent éviter un certain nombre d'écueils afin d'être un instrument opérationnel et de bonne fiabilité.

 

Au niveau régional, la plupart des organisations intervenant dans la région sont désormais engagées dans l’élaboration d’un cadre harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des groupes vulnérables. La méthodologie retenue repose sur « une stratification de tous les pays en zones homogènes de survie qui seront caractérisées à partir de leurs productions agricoles, des productions d’élevage, des activités génératrices de revenu (A.G.R.) et de toutes autres sources de revenu dont bénéficient les populations de la zone et qui contribuent à la satisfaction de ses besoins alimentaires ». La vulnérabilité sera appréciée au niveau des diminutions de la disponibilité ou de l’accessibilité au sein de chaque zone homogène. Pratiquement l’approche repose sur cinq étapes qui se présentent comme suit :

  • le zonage ;
  • la définition des profils et l'établissement de la situation de référence ;
  • le suivi de la situation alimentaire courante ;
  • l’évaluation des chocs pour déterminer les zones à risques et les populations vulnérables ;
  • la publication et la diffusion des résultats.

 

L’ensemble des dispositifs d’information au Sahel ont largement bénéficié d’une politique soutenue de formation des cadres, ingénieurs et techniciens mise en oeuvre au niveau du centre régional Agrhymet. Cette politique a permis de doter les pays de ressources humaines qualifiées capables d’intervenir au sein des dispositifs d’information que ce soit au stade de la collecte de l’information (maintenance des instruments, méthodologies d’échantillonnage…), du traitement des données (traitements statistiques, utilisations de logiciels…), de l’analyse et de l’interprétation (formation aux capacités d’analyses), etc. Il s’agit là d’un domaine où la coopération régionale a permis de doter les pays d’une capacité collective de formation de haut niveau, qu’aucun pays n’était en mesure de mettre en oeuvre isolément. Cette dimension « formation » dépasse largement le cadre de l’information. Elle comprend des volets importants pour la prévention des crises : détection des parasites et maladies, techniques de lutte contre les prédateurs, etc.

 

 

Le but d’un système de suivi permanent de la vulnérabilité courante serait donc la prévention annuelle des crises alimentaires et, le cas échéant, l’identification rapide des populations affectées et des mesures adéquates pouvant soulager leurs souffrances.

 

 

Le consensus actuellement dégagé entre les institutions nationales, les bailleurs et les structures régionales, semble s’établir autour de quatre missions essentielles à assigner aux dispositifs nationaux de suivi permanent de la vulnérabilité courante, à savoir :


  • Identification des zones à risque et des populations réellement affectées ;
  • Information et alerte des décideurs et acteurs de la sécurité alimentaires ;
  • Recommandations des mesures et actions de nature à permettre la maîtrise des états d’insécurité alimentaire éventuels ;
  • Suivi rapproché des zones à risque et des populations vulnérables.

Compte tenu des caractéristiques de la vulnérabilité courante, l’espace cible sera le monde rural. Les populations cibles seront ainsi celles qui vivent dans les zones rurales affectées par la vulnérabilité courante à cause de leurs activités (agriculteurs et éleveurs essentiellement). Ainsi, les populations urbaines qui font face à d’autres types de risques, principalement liés à la pauvreté, ne sont pas prises en compte - au moins pour le moment – en attendant la définition d’un cadre conceptuel approprié à cet effet.




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