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L'enquête agricole



L'enquête agricole est l'instrument de base de la détermination des disponibilités agricoles et alimentaires. Elle ne vise pas seulement à fournir de l'information aux gestionnaires de la sé-curité alimentaire. Elle a en effet une vocation plus large de production de données statisti-ques, permettant de renseigner un ensemble d'indicateurs utiles au pilotage de l'économie, à la définition et au suivi des stratégies de développement agricole. Les informations produites servent aussi à alimenter la comptabilité nationale. C'est dans ce domaine que les efforts d'harmonisation régionale des méthodologies des systèmes d'information ont été les plus im-portants et ont porté en grande partie leurs fruits. Une des difficultés importantes résidait en effet dans la difficulté de comparer et d'évaluer au niveau régional des données produites par des dispositifs reposant sur des méthodologies diverses. L'harmonisation s'est faite grâce au programme DIAPER conduit par le centre Agrhymet sur la période 1984-2000.

En principe, tous les pays disposent d'une enquête agricole. Cependant, plusieurs pays ne par-viennent pas, chaque année, à la mettre en oeuvre dans les délais appropriés et ne réussissent pas à la conduire. Ceci touche pourtant des pays qui en auraient grandement besoin de par leur degré de vulnérabilité : le Tchad, la Guinée-Bissau sont régulièrement dans l'incapacité de conduire l'enquête agricole et sont amenés à faire des estimations sur la base de « dires d'experts » reposant sur des analyses de type qualitatives, couplées avec la remontée d'informations du terrain, à partir d'un ensemble d'observateurs privilégiés. Mais l'absence d'enquête agricole concerne certaines années d'autres pays, comme le Sénégal, en raison d'une mise en place trop tardive des financements, hypothéquant le démarrage du travail des enquêteurs.

Les enquêtes reposent sur des méthodologies très proches. Elles sont assez similaires au ni-veau du plan de sondage et des méthodes d'observation : sondages à deux degrés (sauf au Tchad : trois degrés), mesure effective des superficies (sauf au Cap-Vert où les surfaces sont déterminées sur la base des quantités de semences utilisées) et estimation de la production à partir des carrés de rendements. Les bases de sondage sont établies à partir d'une opération exhaustive de recensement portant sur les exploitations agricoles ou sur l'ensemble de la po-pulation.
Les prévisions de récolte sont quant à elles établies soit par la méthode des densités en épis, soit par des méthodes informelles (physionomie de la campagne, état végétatif des cultures, déclarations des paysans). Ces prévisions de récolte servent à établir le bilan céréalier prévi-sionnel, en octobre. Le dépouillement et le traitement des données de rendements obtenues à partir de la méthode des carrés de rendement lors de la récolte sont quant à elles destinées à réviser le bilan céréalier prévisionnel et à établir ensuite le bilan ex-post.

L'enquête est en général reconnue comme fournissant de bons résultats à l'échelle nationale pour les cultures céréalières. Elle serait aussi relativement fiable et fournirait des résultats uti-lisables au premier niveau de découpage subnational, si la base de sondage est régulièrement actualisée. En revanche elle n'est pas suffisamment fiable à des niveaux plus fins ou pour les cultures non-céréalières. L'enquête agricole intègre, dans une majorité de pays, l'évaluation des stocks paysans en fin de période de soudure. La méthodologie repose sur les déclarations des paysans.
Outre la publication annuelle des statistiques agricoles, les données de l'enquête sont exploi-tées dans le cadre de l'établissement du bilan céréalier prévisionnel, ex-post et définitif. Régu-lièrement, les résultats de l'enquête font l'objet de polémiques plus ou moins vives, dans un pays ou dans un autre. C'est notamment le cas lorsque les résultats définitifs de production s'éloignent sensiblement des prévisions de récolte. Dans certains cas c'est la base de sondage qui est mise en cause, notamment du fait de l'absence de recensement général de l'agriculture qui permettrait de prendre en compte l'évolution parfois rapide des structures agricoles. Dans d'autres cas, les services nationaux sont suspectés de manipuler les chiffres pour influencer les résultats du bilan céréalier.




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