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Le système d'alerte précoce |
Les dispositifs d'identification et de suivi des populations
vulnérables ou à risque alimentaire sont venus compléter le suivi de la
campagne agricole et le bilan céréalier pour traiter la ques-tion de
l'accessibilité. Les premiers systèmes d'alerte précoce nationaux, mis
en place au Mali et au Tchad en 1984 l'ont été à l'initiative d'une
O.N.G. de droit belge, AEDES. Les méthodologies développées dans ces
premières expériences ont ensuite servi à la mise en place d'autres
systèmes nationaux, notamment au Niger et au Burkina Faso.
Les
systèmes nationaux reposent aujourd'hui sur des méthodologies diverses
mais d'une manière générale, ils visent prioritairement
l'identification des besoins alimentaires des populations vulnérables
et un meilleur ciblage des aides alimentaires. Cet objectif se dispute
parfois avec des approches plus lourdes visant une compréhension fine
du fonctionnement des économies locales dans les zones à risques, ainsi
que des mécanismes d'adaptation déployés par les ménages pour affronter
les risques alimentaires. De manière générale, les SAP se sont sou-vent
vus confier plusieurs missions :
- l'analyse de la vulnérabilité courante ou structurelle ;
- le suivi de la vulnérabilité conjoncturelle qui mesure plus directement les chocs auxquels sont soumises les populations ;
- la
synthèse de l'ensemble des informations émanant des différents
dispositifs d'information, qui concourent à établir une situation
alimentaire complète ;
- la définition des besoins d'assistance
et parfois la mise en oeuvre des actions d'atténuation des crises,
d'aide alimentaire, etc.
Impliqués simultanément dans la
gestion de l'information, l'aide à la décision et la mise en oeuvre des
stratégies d'assistance, les SAP n'ont pas toujours pu démontrer leur
indépendance, leur objectivité et leur autonomie.
Par
ailleurs, les systèmes nationaux ont rencontré beaucoup de difficultés
ces dernières années qui ont parfois remis en cause l'existence même de
ces dispositifs. Le SAP du Burkina Faso ne fonctionne plus, de même que
celui du Tchad. Le SAP du Niger a été restructuré après que la gestion
des crises qui constituait une de ses missions ait été transférée à la
cellule « crises alimentaires », la C.C.A. Le SAP conservant une
fonction d'alerte et d'information. Dans plusieurs autres pays, il
n'existe pas de SAP à proprement parler. Ce sont pourtant des pays où
il y a des problèmes alimentaires importants tels qu'en Guinée-Bissau,
en lien avec les problèmes politiques récurrents ces dernières années.
Nécessaire de donner autant de détail ?
Le CILSS a mis en
place le Système Intégré d'Alerte Précoce (SIAP) qui repose sur quatre
éléments : la gestion d'une banque de données (SGBD), un système
d'analyse territorial (SAT), une procédure de représentation de la
vulnérabilité structurelle (PRVS) et un système d'analyse
conjoncturelle (SAC). Ses bénéficiaires finaux sont les SAP nationaux.
Face
à l'absence des systèmes nationaux de suivi de la vulnérabilité ou à
leur déficience, cer-taines organisations internationales et O.N.G.
impliquées dans la gestion de l'aide alimentaire, ont développé leur
propre méthodologie (la méthode SCVM de l'ONG Care et la méthode VAM du
PAM). D'autres organisations telles que le Fewsnet développent une
capacité de synthèse des multiples sources d'information existant au
niveau national, et une capacité d'analyse de cette information. Sur
cette base, le système est en mesure de formuler des re-commandations
tant aux autorités nationales qu'à l'administration américaine. Le
centre régional Agrhymet
a développé depuis plusieurs années sa propre méthodologie, avec
l'appui de la coopération italienne. Elle privilégie le suivi des zones
à risques (ZAR) en milieu rural pour lesquelles elle a procédé à une
cartographie de la vulnérabilité structurelle - en fonction des
caractéristiques et des orientations principales des grands systèmes de
production - et définit un système d'analyse de la vulnérabilité
conjoncturelle, fondé sur un ensemble d'informations biophysiques et
socio-économiques.