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Modèles agrométéorologiques |
Le modèle des zones à risques (ZAR)
Le
ZAR est un outil agrométéorologique dont les hypothèses sont basées sur
le bilan hydrique, effectué à partir d'imageries satellitaires et ses
conséquences sur l'évolution des cultures. L'hypothèse principale qui
sous-tend le ZAR est la comparaison du cycle des cultures et la durée
de la saison agricole déterminée à partir de méthodes
agrométéorologiques. Le modèle s'appuie aussi sur les exigences
phénologiques des cultures et les réserves hydriques des sols. Il
permet de déterminer les zones à risque dès le mois de juillet au Sahel
c'est-à-dire les zones où :
- les cultures se sont
installées en retard, si bien qu'il ne reste pas assez de temps pour
qu'elles puissent accomplir leur cycle complet ;
- après
l'installation des cultures le développement de la saison des pluies ne
permet pas d'obtenir une production agricole acceptable.
L'échelle
temporelle utilisée est la décade (période de 10 jours), les images
d'estimation des pluies étant produites avec une périodicité décadaire.
Le ZAR permet de localiser ces différen-tes zones à risque avec une
précision de 5 km (taille du pixel METEOSAT) et d'en déterminer les
localités concernées, l'étendue spatiale et le nombre d'habitants
vivant dans ces zones. Le degré de sévérité de ces crises s'apprécie
par comparaison avec une situation normale ou d'une année de référence
des différents indicateurs.
Le diagnostic hydrique des cultures (DHC)Le
DHC se base sur la détermination dans le temps de l'évapotranspiration
réelle de la plante, en fonction de l'humidité du sol et de la demande
évaporative. Il permet de déterminer les da-tes de semis réussis en
humide, avec les zones de retard par rapport à la moyenne et à l'année
précédente, des indicateurs de satisfaction des besoins en eau, les
réserves hydriques des sols, les besoins en eau pour le bouclage du
cycle et les rendements potentiels en milieu paysan. L'échelle des
résultats, comme celui du ZAR permet de déterminer l'ampleur des
facteurs agrométéorologiques pouvant compromettre la production
agricole soit par détermination des zones ou indirectement l'importance
de la population quand les ressources sont couplées à une base de
données disposant de l'information sur la population au niveau local.
Le système intégré de suivi et de prévision des rendements (SISP)Le
SISP est un modèle de simulation du mil au niveau station qui permet
d'estimer les condi-tions de croissance du mil et l'effet de la
distribution des précipitations sur la croissance de la culture et sur
son rendement. Les aspects rendements sont basés sur le concept de la
réduction proportionnelle de la production à la contrainte due au
facteur limitant pendant la saison de croissance. Comme le ZAR et DHC,
il permet d'évaluer les dates de semis et d'installation des cultures,
d'évaluer les périodes de carence hydrique et le coefficient de
réduction global du rendement maximal.
Ces trois modèles
agrométéorologiques ont des caractéristiques complémentaires et
permettent par comparaison de valider les bilans hydriques et de
prévoir des rendements à l'échelle de station ou pixellaire pour en
déterminer des zones à risque. Leur pertinence réside dans le couplage
avec d'autres types d'information capables de permettre en plus de la
détermination des zones à risque, de mesurer l'étendue spatiale et
l'importance de la population concernée autour des questions de
réduction de la production. Au cours de la période de croissance,
juillet et août, ces modèles permettent de part leur puissance
d'utilisation des scénarios climatiques de quantifier ces niveaux de
réduction avec des productions prévisionnelles en vue de la préparation
des missions conjointes de prévision des productions agricoles.
Ce texte est extrait de
"Les crises alimentaires et les systèmes de prévision au Sahel, Formation sur les méthodologies, lesproduits et les applications à développer par l'emploi du METEOSAT Deuxième Génération, Andrea Di Vecchia et Patrizio Vignaroli (CNR-IBIMET), Bakary Djaby (CILSS-AGRHYMET)"