Food and nutrition situation / Burkina Faso

Food and nutrition situation
Burkina Faso

March-may 2020 / Current Situation

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June-august 2020 / Projected Situation

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  • Phase 1 : minimal
  • Phase 2 : under pressure
  • Phase 3 : crisis
  • Phase 4 : emergency
  • Phase 5 : famine
  • Not analysed
  • ACF
  • FAO
  • FEWS NET
  • OXFAM
  • WPF
  • EU
  • USAID
Source: Cadre harmonisé analysis, National validation workshop, Ouagadougou, Burkina Faso, March 2020
© mars-mai. Food Crisis Prevention Network (RPCA)

Number of food insecure people

State Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 3-5 %* Population
CASCADES 858 611 17 523 876 134
CENTRE 2 420 918 582 246 61 289 61 289 2% 3 064 453
CENTRE-EST 1 277 466 372 575 45 957 45 957 3% 1 695 998
CENTRE-NORD 531 027 641 983 560 455 44 380 604 835 34% 1 777 845
CENTRE-OUEST 1 404 531 299 246 24 441 24 441 1% 1 728 218
CENTRE-SUD 760 334 140 964 13 629 13 629 1% 914 927
EST 1 287 711 413 590 179 433 1 300 180 733 10% 1 882 034
HAUTS-BASSINS 1 967 739 232 111 85 770 85 770 4% 2 285 620
MOUHOUN 1 672 905 354 420 48 224 48 224 2% 2 075 549
NORD 1 131 038 463 569 116 344 4 203 120 547 7% 1 715 154
PLATEAU CENTRAL 752 102 231 447 13 377 13 377 1% 996 926
SAHEL 607 972 482 331 360 699 22 883 383 582 26% 1 473 885
SUD-OUEST 726 464 161 689 24 100 24 100 3% 912 254
TOTAL 15 398 819 4 393 694 1 533 719 72 766 1 606 484 21 398 997
State Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 3-5 %* Population
CASCADES 825 427 50 707 876 134
CENTRE 2 298 340 674 180 91 934 91 934 3% 3 064 453
CENTRE-EST 1 197 420 435 661 62 917 62 917 4% 1 695 998
CENTRE-NORD 395 133 694 655 625 898 62 158 688 056 39% 1 777 845
CENTRE-OUEST 1 281 239 395 458 51 521 51 521 3% 1 728 218
CENTRE-SUD 741 116 153 367 20 444 20 444 2% 914 927
EST 1 043 145 549 360 276 134 13 396 289 529 15% 1 882 034
HAUTS-BASSINS 1 913 094 282 289 90 236 90 236 4% 2 285 620
MOUHOUN 1 580 787 421 661 73 101 73 101 4% 2 075 549
NORD 933 120 530 676 239 146 12 212 251 358 15% 1 715 154
PLATEAU CENTRAL 714 184 264 018 18 724 18 724 2% 996 926
SAHEL 470 714 524 968 429 793 48 409 478 203 32% 1 473 885
SUD-OUEST 699 651 176 660 35 942 35 942 4% 912 254
TOTAL 14 093 370 5 153 661 2 015 791 136 175 2 151 966 21 398 997

* pourcent of analysed population

KEY FINDINGS

  • Environ 1.2 million de personnes ont besoin d’assistance immédiate (phases 3-5) en octobre-décembre 2019, soit 5.9 % de la population totale. Ces populations sont concentrées dans les régions du Centre-Nord (35 %), du Sahel (19 %) et de l’Est (12 %), principalement en raison de l’insécurité et des déplacements conséquents qui les ont contraintes à abandonner leurs champs de culture et leurs bétails, affaiblissant ainsi leurs moyens d’existence. Certaines zones sont seulement partiellement accessibles, rendant l’accès humanitaire difficile.
  • La situation risque de se dégrader sérieusement pendant la période de soudure (juin-août 2020) à cause de l’épuisement des stocks, de la hausse des prix des denrées alimentaires et la faiblesse des revenus de ces ménages extrêmement vulnérables. En juin-août 2020, 1.8 million de personnes (8.3 %) seront probablement en situation de crise ou pire, dont 80 300 personnes en situation d’urgence (phase 4), soit près de trois fois plus qu’actuellement.
  • Le nombre total de personnes déplacées internes est estimé à 490 000 personnes en novembre 2019 dont 48 % d’enfants, 36 % de femmes et 16 % d’hommes. Elles se trouvent pour la plupart dans les provinces du Bam, du Loroum, du Soum et du Sanmatenga. Leur état de santé et nutritionnel est très préoccupant.
  • La campagne agropastorale 2019-20 a été globalement bonne. La production céréalière prévisionnelle est estimée à 5 millions de tonnes, en baisse de 2.9 % par rapport à l’année précédente mais en hausse de 11.9 % par rapport à la moyenne quinquennale. La production des autres cultures vivrières, estimée à 0.8 million de tonnes, est en légère baisse.
  • Les faibles niveaux de pâturage laissent présager une soudure précoce et plus longue surtout dans les régions du Sahel, de l’Est et du Centre-Nord ; les difficultés d’accès à certains pâturages en raison de la crise sécuritaire, entraînent une forte concentration du bétail dans quelques zones sécurisées ; cette situation constitue un risque majeur d’aggravation des conflits agriculteurs-éleveurs.
  • La malnutrition aiguë globale (MAG) varie de 4.8 % à 11.7 %. Trois provinces (Boulgou, 10.2 % ; Sanguié, 10.6 % et Séno, 11.7 %) dépassent le seuil d’alerte de 10 %. Le grand nombre des déplacés internes nécessite une prise en charge renforcée.

KEY DRIVERS

Facteurs déterminants

  • Insécurité : Des attaques récurrentes à main armée ont détérioré voire détruit les moyens d’existence des populations, notamment dans le nord du pays (Bam, Sanmatenga, Soum). La dégradation de la situation sécuritaire s’est également traduite par la fermeture de nombreux centres de santé, des écoles et autres services de base. L’insécurité limite l’accessibilité aux zones de pâturage dans certaines communes (sites de Déou et Oursi) et réduit les mouvements de transhumance.
  • Déplacements : L’insécurité a provoqué une forte augmentation du nombre de personnes déplacées dans les régions du Sahel, de l’Est, du Centre-Nord, de la Boucle du Mouhoun et du Nord. Leur nombre est estimé à 490 000 personnes en novembre 2019 dont 48 % d’enfants, 36 % de femmes et 16 % d’hommes.
  • Dysfonctionnement des marchés : Le fonctionnement des marchés à bétail est perturbé dans les zones affectées par l’insécurité.
  • Espèces nuisibles : La campagne agricole burkinabè reste sous la menace persistante des attaques de chenilles légionnaires d’automne.
  • Périodes sèches et déficits de biomasse : La mauvaise distribution spatio-temporelle des pluies a affecté les productions agricoles et fourragères, notamment au centre-nord du pays Les faibles niveaux de pâturage laissent présager une soudure précoce et longue.

RECOMMENDATIONS

Actions urgentes

  • Apporter une assistance humanitaire immédiate pour les populations en situation de crise (phase 3) et d’urgence (phase 4), notamment dans les régions du Centre-Nord et du Sahel.
  • Assurer le déploiement de l’assistance alimentaire et humanitaire dans les zones à accès humanitaire limité, incluant des mesures spécifiques pour la prise en compte de la dimension genre.
  • Renforcer l’assistance alimentaire et nutritionnelle dans les camps de déplacés internes ; prévoir des mesures spécifiques en faveur des enfants et des femmes qui sont les principales victimes.
  • Mener des actions en faveur des déplacés habitant hors des camps et de leurs communautés hôtes.
  • Rétablir et/ou renforcer l’accès aux services sociaux de base, notamment l’eau potable, l’hygiène assainissement ainsi que les infrastructures socio-éducatives et sanitaires.
  • Mener des interventions préventives en faveur des populations sous pression (phase 2) pour apporter un appui à leurs moyens d’existence et renforcer leur résilience.
  • Sécuriser et faciliter les mouvements de transhumance du bétail pour prévenir des conflits communautaires ; renforcer la disponibilité et l’accès du bétail aux aliments, à l’eau et aux soins dans les zones ayant enregistré des déficits fourragers importants.
  • Renforcer des actions de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë.

Pour renforcer le dispositif de veille et de suivi

  • Renforcer les capacités de production de données désagrégées par province, par genre (données sur les productions halieutique et maraîchère, données sur les événements aigus, etc.) au sein des systèmes d’information sectoriels.
  • Renforcer la veille et les capacités d’intervention pour combattre efficacement la chenille légionnaire d’automne.
  • Assurer un financement pérenne pour la collecte de données et l’organisation des sessions d’analyse.
  • Poursuivre et améliorer la prise en compte de la dimension genre dans les analyses du Cadre harmonisé.
  • Améliorer la capitalisation et le partage des résultats.

METHODOLOGY

Ces résultats sont issus des analyses nationales qui se sont déroulées en octobre et novembre 2019 sur la base du manuel 2.0 du Cadre harmonisé et son support d’analyse. Les travaux étaient coordonnés par la cellule nationale rassemblant une cinquantaine d’experts des structures étatiques et non étatiques. La plupart des sources d’information étaient disponibles, provenant essentiellement des systèmes d’information du Dispositif national de sécurité alimentaire (SIM bétail et céréales, système permanent d’enquêtes agricoles, analyses des résultats HEA, rapports des missions conjointes SAP/GTP), de la Direction de la nutrition (enquête nutritionnelle SMART), de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) et de diverses autres sources. Les équipes impliquées gagnent en expérience et bénéficient de la contribution des différents acteurs. Pour la première fois, les zones difficilement accessibles au nord du Burkina Faso ont été analysées en appliquant les protocoles spéciaux du manuel 2.0. Un effort particulier a été fait pour collecter certaines données désagrégées par le genre. L’analyse nationale du Burkina Faso a été validée par le Comité technique régional du Cadre harmonisé (Niamey, 18-23 novembre 2019).

Contacts

Institutions nationales : DGESS/MAAH ; DGESS/MRAH ; DGESS/MEA ; DGEAP/MRAH ; DGEVCC/MEEVCC ; DGCRF/MCIA ; DGPV/MAAH ; DN ; SP/CONASUR ; SP/CNPS ; SP/CVEL ;
SP/PAM; CIC-B ; SE-CNSA ; SP/CONACILSS ; DGRE/MEA ; DGESS/Santé ; SP/CONAP Genre ; DRAAH/Centre-Ouest ; DRRAH/Centre-Ouest